SEPULTURES AVONNAISES

 

Sur la commune d’Avon, on trouve des sépultures en trois lieux : l’église, le couvent des Carmes et le cimetière.

 

A L'EGLISE SAINT-PIERRE

 

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L'église Saint-Pierre d'Avon possède une très belle collection de vieilles pierres tombales, parmi elles, trois ont retenu notre attention.

 

Celle d'Edmée-Louis DAUBENTON 

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Edme-Louis Daubenton est un naturaliste français, né à Montbard le 12 août 1730 et mort à Avon en 1785 où il est enterré, dans l'église Saint-Pierre.

C'est Buffon qui engage le cousin de Louis Jean-Marie Daubenton, Edme-Louis, pour superviser l'édition des Planches enluminées, complément illustré à son Histoire naturelle.

Elles commencent à paraître en 1765 et compteront 1 008 planches, toutes gravées par François-Nicolas Martinet (1731-vers 1790) et peintes à la main. L'éditeur parisien Panckoucke réalise entre 1765 et 1783 une version sans texte. Plus de 80 artistes participent à la réalisation des peintures originelles.

973 planches concernent les oiseaux, les autres illustrent surtout des papillons mais aussi d'autres insectes, des coraux... Les illustrations ne sont pas très réussies mais permettent toutefois une assez bonne détermination des espèces figurées. Certaines d'entre elles sont aujourd'hui éteintes.

Comme Buffon ne suivait pas le système de nomenclature mis au point par Carl von Linné, il faut attendre 1783 pour que Pieter Boddaert (1730-1796) publie une table de correspondance avec leur binôme linéen.

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Puis celle d'Etienne BEZOUT

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Étienne Bézout, né à Nemours le 31 mars 1730 et mort aux Basses-Loges, dans la paroisse d’Avon, le 27 septembre 1783 (à 53 ans), est un mathématicien français. Il est passé à la postérité pour le théorème de Bachet-Bézout en arithmétique, pour le Bézoutien, utilisé en algorithmique, et pour son théorème sur le nombre de points d'intersection de deux courbes algébriques, résultat crucial en géométrie algébrique.

Fils d'un magistrat de Nemours, Pierre Bézout, et de Jeanne-Hélène Filz, il est nommé par Étienne François de Choiseul en 1763 examinateur des gardes de la marine, puis est chargé de la rédaction d'un cours de mathématiques qui conduira au Cours de mathématiques à l'usage des gardes du pavillon et de la marine. À la mort de Charles-Étienne Camus en 1768, il est nommé examinateur des élèves du corps de l'artillerie et rédige le Cours complet de mathématiques à l'usage de la marine et de l'artillerie, qui devient plus tard le livre de référence des candidats au concours d'entrée à l'École polytechnique.

Il est également l'auteur d'une Théorie générale des équations algébriques, publiée en 1779, consacrée à la théorie de l'élimination et aux fonctions symétriques des racines d'une équation algébrique : il utilise les déterminants dans un article de l’Histoire de l'Académie royale, parue en 1764, mais ne traite pas de la théorie générale.

Il est nommé adjoint mécanicien à l'Académie royale des sciences le 18 mars 1758, associé mécanicien-géomètre le 18 juillet 1768, puis pensionnaire mécanicien surnuméraire le 7 décembre 1779, enfin pensionnaire mécanicien le 6 mai 1782. 

6 Statue d'Etienne Bézout à Nemours (oeuvre de Sanson)

La statue d'Etienne Bézout à Nemours sa ville natale (oeuvre de Sanson)

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Et enfin celle du marquis de MONALDESCHI

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Le marquis Gian Rinaldo Monaldeschi, fut grand écuyer et amant de la reine Christine de Suède quand celle-ci se fut fixée en Italie après son abdication.

Alors qu'elle séjournait au château de Fontainebleau, l'accusant de trahison, elle le fit assassiner sauvagement dans la galerie des cerfs le 10 novembre 1657.

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On peut voir également, juste devant le choeur, une dalle placée sur un caveau dans lequel reposent les curés religieux Trinitaires en charge de la Paroisse jusqu’en 1790.

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Visite de l'église : https://www.youtube.com/watch?v=DSxXoV1yImw&t=73s

 

 

 

AU COUVENT DES CARMES

 

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Au fond du parc magnifique du couvent des Carmes se trouve le petit cimetière des moines.

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Parmi cet alignement de tombes toutes simples, on peut voir celle du Père JACQUES

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Le Père Jacques de Jésus (Lucien Bunel), né à Barentin (Seine-Maritime) le 29 janvier 1900 et mort à Linz (Autriche) le 2 juin 1945, est un prêtre catholique et religieux Carme.

Fondateur et directeur du petit collège d’Avon, il est arrêté le 15 janvier 1944 par la Gestapo pour avoir caché trois enfants juifs.

C’est son histoire qui inspira le film de Louis Malle « Au revoir les enfants ».

La médaille des Justes lui a été décernée par l’État d’Israël le 9 juin 1985.

Le père Jacques a eu aussi des liens avec la Résistance pour permettre à des hommes refractaires d'échapper au STO.

 

Sur le mur qui longe la rue, on peut voir des souvenirs de ces moments tragiques.

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Visite du couvent des Carmes : https://www.youtube.com/watch?v=WM65soD21jA&t=112s

 

 

 

AU CIMETIERE

 

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Plusieurs personnalités reposent au cimetière.

Dirigeons nous d'abord vers les tombes des musiciens et en particulier celle de la famille DURAND.

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 L’organiste Auguste DURAND (1830-1909), étudia avec François Benoist et pratiqua l’orgue à Paris à Saint-Ambroise, puis à Sainte-Geneviève, Saint-Roch et Saint-Vincent de Paul. Parallèlement, il devint critique musical et compositeur (Chaconne, Valse pour piano...).

6 Quelques compositions d'Auguste Durand

Avec Louis Schönewerk, facteur de piano, il fonda la société Durand-Schönewerk & Cie en décembre 1869 et s’établit au 4, place de la Madeleine. La MAISON D'EDITIONS DURAND devient experte dans la publication des œuvres de grands compositeurs français, mais publia également les éditions françaises des oeuvres de Richard Wagner.

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Il achète le Manoir de Bel Ebat à Avon où il recevra (et plus tard son fils Jacques) les grands musiciens de l'époque : Saint-Saëns, Fauré, Debussy, Ravel, Dukas, Schmitt, Massenet, Roussel, Poulenc, Ropartz, Widor...

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Avec lui repose son fils et successeur à la tête de la maison d'éditions ; Jacques DURAND (1865-1928), qui organisa des concerts pour faire connaître la musique nouvelle et qui collabora activement à la création du Conservatoire Américain de Fontainebleau. Il fut également élu municipal et bienfaiteur de la commune.

 

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René DOMMANGE (1888-1977) : avocat de formation, député, il devint éditeur de musique dans le sillage de son cousin Jacques Durand. Il dirige la maison d'Editions devenue DURAND & Cie jusqu'à son décès en 1977.

René Dommange repose dans le caveau Durand . Il y fut rejoint en 1979 par son épouse, Lola Dommange, qui légua le vaste domaine du Bel Ebat hérité d’Auguste Durand à la commune d’Avon.

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Dans la même allée se trouve la tombe d'un homme qui a beaucoup oeuvré pour la musique :         René NICOLY

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René Eugène Joseph Nicoly, né le 22 septembre 1907 à Avon, mort subitement d'un infarctus le 22 mai 1971 à Paris dans son bureau de l'Opéra de Paris, est le fondateur des Jeunesses Musicales de France (J.M.F).

René Nicoly est d'abord chef du service d'orchestre des Editions Musicales Durand. Il est affecté au début de la guerre à la préparation militaire supérieure des élèves des grandes écoles à Rochefort-en-Yvelines. Pour ces mille jeunes, consignés un dimanche, il fait venir des artistes de Paris, établit un programme qu'il commente lui-même: du Mozart, du Schubert et du Haydn ; succès complet et d'autres séances reçoivent le même accueil. Affecté ensuite au 21e dépôt de cavalerie, toujours pendant la drôle de guerre, René Nicoly tente la même expérience sur des dragons d'origine modeste (avec de nombreux illettrés) même succès, même accueil enthousiaste. C'est de cette double expérience caractéristique que naît l'idée force des Jeunesses Musicales de France: « éveiller la sensibilité musicale des jeunes de toutes conditions pour un mieux-être et un mieux penser », c'est-à-dire une culture qui enrichit l'homme. Dès lors les concerts-conférences des J.M.F. vont avoir lieu en France mais aussi dans le monde entier.

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Le 13 mai 1960, René Nicoly est promu officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur par André Malraux, ministre des Affaires culturelles. (Il avait été fait chevalier en 1951)

En 1969 il est nommé directeur administrateur de l'Opéra de Paris.

5 Opéra de Paris

Il est le fils de Victor Nicoly né en 1880, intendant du grand domaine de Bel-Ébat à Avon (propriété des éditeurs Durand) qui repose dans cette tombe depuis 1953.

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Voyons maintenant les tombes des artistes-peintres, sculpteurs.

Blanche MORIA

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Blanche Moria (1859-1926) a été élève des sculpteurs Henri Chapu, Antonin Mercié et Jules Chaplain à l'Académie Julian à Paris,. Elle exécute des ronde-bosses et des plaques de bronze. Membre de la Société des artistes français et de la Société des femmes peintres et sculpteurs, elle est professeur d'arts plastiques au lycée Molière à Paris.

La plupart de ses œuvres sont des commandes de l'État.

Elle reçoit divers prix, dont une médaille au Salon des artistes français et des distinctions lors d'expositions universelles.

On peut admirer ses œuvres au Département des Arts graphiques du Musée de Louvre à Paris, au Lycée Molière à Paris, au Musée de Grenoble, à Chambéry, Nantes...

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Carlos SCHWABE

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Émile Martin Charles Schwabe dit Carlos Schwabe, est né à Altona près de Hambourg en 1866 et mort à Avon en 1926. Artiste-peintre allemand naturalisé suisse, il s'installe en France à partir de 1884 (Paris, Neuilly, Barbizon) .

Autodidacte doué d’une sensibilité névrotique, il ne connut aucune formation académique à l’exception de l’école des arts industriels de Genève où il apprend à dessiner les plantes. 

Peintre décorateur, il produisit un grand nombre de fleurs stylisées pour des papiers peints.

Son art du dessin et son idéalisme lui valurent de devenir un illustrateur renommé (les Fleurs du Mal, Le Rêve...). La perfection de son graphisme le situe comme un précurseur de l’Art nouveau, et comme un des symbolistes les plus personnels.

Il expose à partir de 1891 au Salon de la Société nationale des beaux-arts, au Salon de la Rose-Croix en 1892 et au Salon d'automne. Il expose également à la Sécession de Munich en 1893 et dans divers Salons en Belgique ainsi qu'à Genève et à Zurich, et chez le marchand Siegfried Bing. On lui décerne une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900 à Paris et il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur en 1901.

On peut admirer certaines de ses œuvres au Musée d'Orsay à Paris, au Musée des Beaux-Arts de Rio de Janeiro, au Van Gogh Museum d'Amsterdam, au Musée d'art et d'histoire de Genève...

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Pierre-Adrien ARCHENAULT

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Le peintre Pierre Adrien ARCHENAULT (1824-1889), dont la tombe est dangeureusement penchée, fut élève d’Abel de Pujol.

Il expose, entre autres, au Salon de 1879 (au Palais des Champs Elysées) un tableau intitulé : « Une distribution de Prix à Avon »

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Passons aux personnalités diverses. 

Katherine MANSFIELD

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Katherine MANSFIELD (Kathleen Beauchamp : 1888-1923) est une écrivaine et poétesse néo-zélandaise.

Elle passe son enfance en Nouvelle-Zélande, puis part à quatorze ans pour le Queens College de Londres. Très tôt se révèlent ses qualités de musicienne et de nouvelliste, art qu'elle cultivera tout au long de sa courte vie .

Elle puisa son inspiration tout autant de ses expériences familiales que dans ses nombreux voyages et contribua au renouvellement de la nouvelle (The Garden party, At the bay, Miss Brill, The Doll’s House...). Elle tint également toute sa vie un Journal publié après sa mort.

Atteinte de la tuberculose, elle mourut dans l’Institut Gurdjieff au Prieuré d'Avon où elle était allée chercher la guérison.

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Georges GURDJIEFF

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Georges Gurdjieff, né le 27 décembre 1877 à Alexandroplole (aujourd’hui Gyumri), en Arménie, et mort le 29 octobre 1949 à Neuilly-sur-Seine, est un aventurier russe et une figure de l'ésotérisme de la première moitié du XX° siècle, également compositeur.

Surnommé « le nouveau Pythagore » et considéré par certains comme détenteur d'un savoir traditionnel très ancien, ce personnage controversé est tenu par d'autres comme un dangereux escroc et un charlatan.

Etabli à Saint-Pétersbourg, il quitte la Russie lors de la Révolution de 1917, parcourt l’Europe avant d'installer son institut en 1922 au Prieuré d'Avon (lui réside dans la maison voisine "le Paradou") .

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Pendant dix ans, L'Institut pour le Développement Harmonique de l'Homme, que Gurdjieff créa, fut le théâtre d'une intense activité artistique et intellectuelle. Surnommés, les philosophes de la forêt, les premiers élèves russes de Gurdjieff furent rapidement rejoints par deux vagues d'intellectuels, d'abord des anglais, puis des américains. Citons Katherine Mansfield, A. Richard Orage, Margareth Anderson; Georgette Leblanc et bien d'autres.
C'est également au cours de cette période que commença l'élaboration de son œuvre artistique et littéraire, assurant une large diffusion de ses idées en Europe puis en Amérique où il fit de fréquents voyages.

En 1933, Gudjieff ferma définitivement l'Institut, vendit le Prieuré d'Avon et s'installa à Paris.

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Caroline DUSSAUT

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Caroline Dussaut est née à Sèvres en 1833 et décédée dans des circonstances tragiques à Avon en 1887, vraisemblablement empoisonnée. Elle dirigeait (avec Marie Souvestre 1835-1905, fille de l'écrivain Emile Souvestre et de Nanine Papot, femme de lettres ) un pensionnat de jeunes filles à Avon : L’école Les Ruches, 22 Avenue Franklin Roosevelt .

5 L’école Les Ruches, 22 Avenue Franklin Roosevelt

L’établissement fondé en 1863, qui reçoit des jeunes filles issues des milieux dirigeants très aisés venues de toute l’Europe, est agrandi en 1880 par l’architecte de renom William Bouwens.

6 l'enseignement aux ruches

Caroline Dussaut fréquentait régulièrement l’historien Jules Michelet et son épouse.

Sur sa tombe son portrait est un bronze réalisé par Aimé Millet (1889)

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L'abbé Camille VAYER

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L’abbé Camille VAYER (1881-1944), curé d’Avon de 1921 à 1944, fonda en 1936 les « Cerfs d’Avon », société proposant une préparation militaire et des cours de gymnastique.

Il fut également l’auteur d’une monographie remarquée sur Avon (1934).

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Il fut assassiné le jour de la libération.

Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, lieutenant du 21ème colonial, il fut auparavant curé de Pontaut-Combault.

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MONUMENTS AUX MORTS ET TOMBES DE SOLDATS

 

 

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QUELQUES OEUVRES D'ART ET CURIOSITES

 

 

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- Texte et photos Jean-Michel SAINCIERGE, septembre 2017 -

(Les 2 documents concernant Caroline Dussaut et l'abbé Vayer ont été trouvés sur internet)

 

-Tous droits réservés-
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle,
les textes sont protégés par le Droit d'Auteur.

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Sources :

 

Site de la commune d’Avon

Le manoir de Bel Ebat par Christian Voisin Doury Editions Puits Fleury 2002

Quelques souvenirs d’un éditeur de musique par Jacques Durand Ed. Durand et Cie 1924-1925

Cimetières de France et d’ailleurs landrucimetières.fr

ouestfigureshistoriques.wordpress.com

Le comptoir des presses d’universités

Ste des Archives Départementales

Juste parmi les nations ajpn.org

passerellesdutemps.free.fr

france-pittoresque.com

jmfrance.org

Gallica.bnf

Généanet

Wikipédia