Mémoire de Seine-et-Marne

03 juillet 2016

 Mémoire de Seine-et-Marne

par Jean-Michel Saincierge

La Croix du Calvaire Juillet 2007

La croix du calvaire en forêt de Fontainebleau, photo Jean-Michel Saincierge 2007.

 

Mes deux autres sites :

 

- Quelques musiciens aux environs de Fontainebleau :

http://musiciens77.canalblog.com/ 

- Orgues 77 le site des Orgues de Seine-et-Marne :

http://orgue77.canalblog.com/

 

 

Posté par 77000 à 08:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Une colonie d'artistes au cimetière de Saint-Pierre-lès-Nemours

 

 

UNE COLONIE D'ARTISTES AU CIMETIERE

DE SAINT-PIERRE-LES-NEMOURS

  

Le cimetière de Saint-Pierre-lès-Nemours en Seine-et-Marne abrite toute une pléiade d’artistes ;

peintres, scuplteurs, illustrateurs, photographes, musiciens, comédiens, certains étant issus de

grandes familles comme les Boutet de Monvel, Brissaud, Chopy...

Je vous invite à me suivre pour faire connaissance avec ces illustres personnages.

 

 

P1080906

P1080905 

 

Prenons l'allée centrale qui nous mène rapidement devant la tombe de Louis-Maurice Boutet de Monvel.

 

1 

Louis-Maurice BOUTET DE MONVEL (1850-1913) est un peintre, aquarelliste et illustrateur.

Petit-fils par sa mère du ténor Adolphe Nourrit et arrière-petit-fils par son père du grand Monvel, Maurice Boutet de Monvel est issu d’une famille d’artistes.

Son père, Benjamin Boutet de Monvel, fut un professeur de physique et de chimie réputé, auteur de plusieurs manuels d’enseignement. Second d’une famille de neuf enfants, Maurice Boutet de Monvel passe la plus grande partie de son enfance à Paris où son père enseigne au lycée Charlemagne. Autorisé après son baccalauréat à suivre des études de peintre, il passe une année près de Louis-Henri de Rudder, avant d’entrer au début de 1870 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans la classe d’ Alexandre Cabanel.

En 1876 il épouse Jeanne Lebaigue, la fille d’un autre professeur du lycée Charlemagne dont il aura deux fils : Roger, écrivain et Bernard, peintre.

2 

Il expose régulièrement au Salon où il obtient la médaille de bronze en 1878 et celle d’argent en 1880. Il illustre de nombreux ouvrages, dont les Fables de La Fontaine, le journal pour enfants Saint-Nicolas. Ses albums destinés à la jeunesse sont à compter parmi les plus beaux publiés en France. Les commandes affluent et sa célébrité est reconnue jusqu’aux Etats-Unis, où il se rend pour accompagner une de ses expositions, cependant que la critique viennoise salue son importance dans la formation des jeunes illustrateurs, attestée par sa participation à la Sécession de Vienne en 1899.

A l’Exposition Universelle de 1900 il est récompensé par une médaille d’or pour son vaste panneau « Jeanne à la cour de Chinon ».

A la fin de sa vie il se partage entre son atelier parisien de la rue du Val de Grâce dans le 5ème arrondissement, et celui de la villa Les Peupliers rue Girault à Nemours.

3

Dans cette même tombe est inhumé son fils aîné l’écrivain Roger BOUTET DE MONVEL (1879-1951).

Après des études de lettres et un séjour d’un an en Angleterre, il devient dans un premier temps secrétaire du directeur de l’Imprimerie Nationale. Puis il publie de nombreux ouvrages :

Les variétés, Les Anglais à Paris, Grands seigneurs et bourgeois d’Angleterre, Une vie de Saint-François d’Assise (illustré par son père), Cervantès et les enchanteurs, Pérou et Chili, la vie de Lord Byron… 

 = = = = = = = = = = = =

Dirigeons nous maintenant vers la tombe de l'autre fils Boutet de Monvel : Bernard

 

1

Fils de Louis-Maurice, Bernard BOUTET de MONVEL (1881-1949) grandit entre Paris et Nemours, et se destina à devenir peintre dès l’âge  de seize ans. Il devint d’abord l’élève de Luc-Olivier Merson, dont il suivit les cours à partir de pâques 1897, avant d’étudier également la sculpture avec Jean Dampt, à partir de l’automne de cette même année.

Peintre, illustrateur, aquafortiste, sculpteur, décorateur, il est autant connu en France qu’aux Etats-Unis. Il travaille aussi pour des magazines de mode et de haute couture.

Le Portrait qu’il envoie au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1908 — en fait un autoportrait le montrant dans la campagne de Nemours un jour d’orage et flanqué de deux lévriers — lui vaut la reconnaissance définitive de la critique et de ses pairs qui le nomment sociétaire de cette société.

2

En 1921 il épouse Delphina EDWARDS BELLO (1893-1974) guitariste émérite, jeune et belle héritière chilienne. Ils auront une fille unique Sylvie.

En 1936, il se fait construire à Palm Beach un pavillon octogonal appelé La folie Monvel.

Il devient le portraitiste le plus demandé par la Café-Society américaine. C’est lors d’un de ses nombreux voyages outre Atlantique qu’il meurt le 28 Octobre 1949 dans le « crash des Açores »,accident d’avion dans lequel périssent également le boxeur Marcel Cerdan et la violoniste Ginette Neveu.

On peut voir ses œuvres dans de nombreux musées à Paris (Petit Palais, Carnavalet, Arts décoratifs, BNF….) Beauvais, Le Havre, Lille, Orléans, Tours … et aux Etats-Unis ; New-York, Pittsburgh, Indianapolis... 

3

 = = = = = = = = = = = =

Dans la même partie du cimetière se trouve une grande partie de la la famille Brissaud .

 

1

Édouard BRISSAUD (1852-1909), médecin des hôpitaux de Paris, professeur d’histoire de la médecine puis de pathologie médicale à la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie de médecine, est un neurologue éminent, fondateur de la Revue neurologique, auteur d’un monumental Atlas du cerveau humain et d’une talentueuse Histoire des expressions populaires en médecine. Il vit au milieu d’une famille fourmillant d’artistes, peintres, musiciens et surtout comédiens et acteurs lyriques. Artiste lui-même, pianiste émérite, il fréquente Anatole France, la Comtesse Anna de Noailles, Léon Daudet, et Marcel Proust dont il serait le modèle du docteur du Boulbon dans La Recherche .

2

Il épouse en 1879 Hélène BOUTET de MONVEL (1852-1926), petite-fille du comédien Monvel et descendante par sa mère du ténor d’opéra  Adolphe Nourrit. (elle est la sœur du peintre Louis-Maurice Boutet de Monvel)

Trois fils naissent de leur union : Jacques peintre, Etienne médecin et Pierre illustrateur.

 = = = = = = = = = = = =

1b

Jacques BRISSAUD (1880-1960) est peintre, sculpteur et lithographe .

Fils aîné du médecin et neurologue Edouard Brissaud, Jacques BRISSAUD est élève à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Son oncle est le peintre Louis-Maurice Boutet de Monvel.

2

Peintre de genre, il compose des scènes de chasse à courre et exécute de nombreux portraits qu'il expose dans les Salons parisiens. Il travaille à la gouache et à la détrempe. Il a exposé au Salon des Indépendants à partir de 1905, au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts depuis 1906, étant sociétaire en 1921, et au Salon des Tuileries à partir de 1923.

3

Il épouse Denise Galliard (1887-1955), la fille du docteur Lucien Galliard, médecin des hôpitaux de Paris,          chef de service à Lariboisière.

 = = = = = = = = = = = =

1

Deuxième fils du docteur Edouard Brissaud, Etienne BRISSAUD (1882-1951), ancien interne des hôpitaux de Paris, soutient sa thèse en 1911 sur « la coagulation du sang mesurée dans le plasma salé ». Il participe avec Abrami et Widal à la célèbre expérience réalisée à l’hôpital Cochin en 1914, démontrant l’existence de l’allergie respiratoire.

2

Il épouse en 1908 Suzanne FRANCK (sans rapport avec le compositeur César Franck) dont il a 4 enfants.

Leur petit-fils Pierre-Yves Berveiller repose dans leur caveau.

= = = = = = = = = = = =

P1080942

Tombe des 2 fils du docteur Etienne Brissaud morts pour la France.

Les 2 frères sont morts tous les deux en Avril 1945 en Allemagne :

Jean BRISSAUD (1917-1945) et René Henri BRISSAUD (1919-1945). 

 = = = = = = = = = = = =

1

Henri-Edouard BRISSAUD (1913-1981) est le dernier fils d’Etienne. Ancien interne des hôpitaux de Paris, il fut pédiatre, médecin des hôpitaux en 1951 et chef de service à La Salpétrière. Il a notamment écrit Etude clinique de l’haptoglobine (1941) et un ouvrage collectif avec Robert Debré et S.Thiefry sur le traitement de la méningite tuberculeuse (1948). Il n’a pas d’enfant.

= = = = = = = = = = = = 

2

Fille d'Etienne Brissaud, Lise BRISSAUD (1910-1968) épouse Jean BERVEILLER (1904-1976),                      compositeur et organiste. 

Jean Berveiller a étudié l'orgue avec Marcel Dupré. Il a écrit quatre compositions d'orgue inspirées par le jazz : Suite : Allegro, Intermezzo, Adagio, Final (1947), Épitaphe (1951), Cadence : Étude de concert (1953), et Mouvement (1953). Toutes ces oeuvres ont été dédiées à Jeanne Demessieux organiste de La Madeleine à Paris, qui a fréquemment joué ces compositions dans ses récitals d'orgue. Jeanne Demessieux a dédié son cycle d'orgue, Sept Méditations sur le Saint-Esprit, opus 6, à Jean Berveiller.

3

Pour écouter "Mouvement" de Jean Berveiller :

https://www.youtube.com/watch?v=HIfDVjS24Uo

 = = = = = = = = = = = =

1

Pierre BRISSAUD (1885-1964) est un peintre et illustrateur de mode français.

Fils du médecin et neurologue Edouard Brissaud, Pierre Brissaud reçoit sa formation d'artiste aux Beaux-arts de Paris, dans l'atelier de Fernand Cormon. Sa famille le pousse à étudier l'art, tout comme son frère Jacques, également peintre. Son oncle est le peintre Louis-Maurice Boutet de Monvel.

2

En 1907, il expose pour la première fois au Salon des indépendants et au Salon d’automne à Paris.

Il entre à la Gazette du Bon Ton dès novembre 1912 comme illustrateur de mode (où il retrouve son cousin Bernard Boutet de Monvel). Il croque à merveille les créations de Louise Chéruit ou de Jeanne Lanvin.

Dans les années 1920, la Maison Devambez fait appel à ses talents pour illustrer les œuvres d’Honoré de Balzac, Anatole France et Pierre Lotti.

Brissaud connaît le succès : son trait plaît aux magazines de mode étrangers, il publie souvent pour les couvertures de Vogue après 1925, mais aussi dans House & Garden, Fortune, Vanity Fair, Monsieur, et l’Illustration.

 = = = = = = = = = = = =

petite fille d edouard brissaud

Tombe de Marika BRISSAUD (1911-2012) veuve d’Olivier Chauveau, petite-fille d’Edouard Brissaud et d’Hélène Boutet de Monvel, qui vécut 101 ans !

= = = = = = = = = = = =

 Proches de ces tombes se trouvent celles des famille Chopy-Franck-Brissaud-Roland-Manuel.

 

1

Dans cette tombe repose le docteur Henri CHOPY (1850-1937) très estimé des nemouriens.

Son épouse née Louise BRISSAUD (1851-1945) est la fille de Claire Féréol* et la sœur du docteur neurologue Edouard Brissaud.

Un de leurs enfants, Jean, épouse en 1913 la petite-fille de César FRANCK : Thérèse, professeur de piano.

Monique Chopy, fille de Jean et de Thérèse est inhumée dans ce caveau.    

2

*Claire Féréol est la fille d’un chanteur d’opéra comique et descendante d’artistes de la Comédie Française les Boutet de Monvel, elle est elle-même une petite cousine de la femme de César Franck dont elle est élève pour le piano. 

Le séjour de César Franck à Nemours : http://orgue77.canalblog.com/archives/2015/02/21/31575877.html

 = = = = = = = = = = = =

1

Fils du compositeur et musicologue bien connu, Claude ROLAND-MANUEL (1922-2005) a été élevé au contact de l'intelligentsia de la première moitié du siècle, dont Maurice Ravel, ami de la famille. Il a été producteur et réalisateur à France Culture, et, pendant plus de quarante ans jalonnés de rencontres et d'amitiés profondes, il a connu nombre de créateurs et intellectuels marquants de notre temps.  

P1080786

Il a acquis une philosophie d'épicurien sceptique qui transparaît dans ses ouvrages : Sans mémoire (1985), Chemin d'ombre (l990), Un arbre en Afrique (1998)

3

Il est lié à la famille du docteur Chopy ayant épousé sa petite-fille Martine (fille de Marcel Chopy).

 = = = = = = = = = = = =

Repartons par l'allée centrale vers le tombe d'Edmond Geffroy à la fois acteur et peintre.

 

1

Edmond GEFFROY (1804-1895) partagea sa vie entre le théâtre et la peinture.

Acteur réputé, il est sociétaire du Théâtre de la Comédie Française jusqu’en 1865.

Il passa trente-six années de sa vie au Théâtre-Français ; pensionnaire de 1829 à 1835, sociétaire de 1835 à 1863 puis doyen de 1863 à 1865.

Parallèlement,il étudie la peinture dans l’atelier d’Amaury Duval, un élève d’Ingres, et expose au Salon de Paris de 1829 à 1868 où il obtient une troisième médaille puis une deuxième médaille en 1841. Il laisse un Saint-Pierre (1878) qui orne l’église de Saint-Pierre-lès-Nemours.

3 Saint Pierre par Edmond Geffroy

Edmond Geffroy épousa le 23 janvier 1834 Eulalie Duval dont la mère était sociétaire de la Comédie-Française.

Depuis son mariage, Edmond Geffroy se rendait à Saint-Pierre-lès-Nemours, village auquel sa femme était très attachée. Il aimait y recevoir ses amis et ce havre devint un lieu de rendez-vous animés.

Geffroy se passionnait pour son jardin et avait installé un atelier où il se consacrait à la peinture et au dessin.

Eulalie, sa femme mourut en 1876, le laissant désemparé et l'éloignement de son fils, installé en Algérie lui était insupportable. Cependant, il accueillait ses petits-enfants à Saint-Pierre-lès-Nemours tous les étés.

2

Edmond Geffroy s'éteignit à Saint-Pierre-lès-Nemours le 8 février 1895. Il y est enterré aux côtés de sa femme et à proximité d'Hippolyte Bayard (originaire de Breteuil dans l'Oise, village-berceau de la famille Geffroy).

 = = = = = = = = = = = =

Orientons nous maintenant vers le mur d'enceinte du cimetière où est placée la stèle d'un peintre. 

 

1

La stèle du peintre Auguste LEBOUYS (1812-1854) est ornée d’un médaillon en bronze signé Jules Cavelier.

3

4

Elève de Paul Delaroche, Auguste Lebouys fut Premier Grand Prix de Rome en 1841 et pensionnaire à la Villa Médicis de 1842 à 1846. Il exposa au Salon de Paris en 1853 où il remporta la 3ème médaille.

2

On peut voir ses œuvres à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, au musée Magnin de Dijon, au Princeton Museum of Art, à la mairie d’Orléans, à l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris...

Sa fille Catherine née en 1847 fit une brillante carrière de violoniste .

 = = = = = = = = = = = =

Revenons sur nos pas pour voir les tombes de deux sculpteurs. 

 

1

Le sculpteur Pascal BOUREILLE (1909-1999) a débuté sa carrière dans les années 1930 .

En 1937 il participe au Salon des Artistes Français à Paris.

2

Le Musée des années 30 à Boulogne-Billancourt abrite sa sculpture « Le Potier ». En 1956 il sculpte le buste de l’ingénieur des Arts et Manufactures François Joffre pour un square de la ville de Perpignan. Il est également intervenu sur différents monuments parisiens, laisse un bas relief à la préfecture de Melun et une Piéta à l’église St-Jean Baptiste de Sceaux.

 = = = = = = = = = = = =

1

Louis WEISS (1812-1886) sculpteur et ciseleur fut créateur de bijoux. Sur sa tombe on peut voir son médaillon sculpté ainsi que celui de son épouse née Victorine Delagarde.

3

 = = = = = = = = = = = =

Terminons notre visite avec les tombes de deux photographes.

 

1

Hippolyte BAYARD (1801-1887) est un pionnier de la photographie, inventeur et artiste.

Fils du juge de paix Emmanuel Bayard, il quitte la Picardie pour rejoindre Paris où il entre au ministère des Finances. Il est attiré avec son ami, Edmond Geoffroy, vers le milieu bohème de la capitale.

Dans les années 1830 à Paris, le milieu intellectuel et artistique est agité par les fameuses expériences menées par Louis Daguerre, créateur du Diorama. Celles-ci font suite aux avancées de Nicéphore Niépce, avec qui il s'était associé en 1829 mais qui décéda subitement en 1833 . En 1835 , des informations commencent à circuler sur un procédé que Daguerre aurait réussi à mettre au point pour fixer l'impression lumineuse dans une camera obscura.

2

Bayard invente d'abord un procédé photographique de négatif sur papier. Puis, en mars 1839, il met au point un procédé lui permettant d'obtenir des positifs directs sur papier. L’image positive se forme par l'exposition dans la chambre noire d’une feuille de papier préalablement sensibilisée. Comme les daguerréotypes, les images obtenues par Bayard sont des pièces uniques ne pouvant être reproduites. En juillet 1839, Bayard présente la première exposition de photographies de l'histoire.

 = = = = = = = = = = = =

1

Originaire de Bordeaux, Pierre-Yves PETIT (1886-1969) surnommé Yvon, est d’abord photographe à « L’Illustration ». Il sillonne alors la France et fait des milliers de clichés de villages, de la campagne, de la montagne, de la mer, des vieux métiers...

En 1919 Pierre-Yves PETIT fonde les « Editions d’Art Yvon », il appose alors sa célèbre signature sur ses cartes postales.

Perpétuellement à la recherche de meilleure qualité, il imposera en 1923 le nouveau procédé Hélio, en remplacement de la phototypie et du bromure colorien en usage depuis la fin du XIX° siècle. En 1946 il veut faire encore mieux: de la vraie carte couleur. Il s’adresse à une imprimerie de grande réputation pour faire reproduire ses premières cartes postales couleur grâce au célèbre procédé 301. La collection s’appellera «  Couleurs et Lumières de France ».

2

= = = = = = = = = = = = 

C’est également dans ce cimetière que fut inhumé le baryton-martin Jean-Baptiste CHOLLET (1798-1892), qui créa plusieurs rôles dans les opéras d’Herold et d'Auber. Sa tombe ne s’y trouve plus ; il n’est pas impossible qu’elle ait été relevée.

Il fait des études au Conservatoire de Paris, où il apprend dès l’âge de 8 ans le solfège et le violon . Il en sort avec un prix de solfège en 1814. Il avait commencé à chanter dans la chorale de Saint-Eustache où son père était maître de chapelle et comme il avait une voix intéressante de baryton, il entre en 1815 comme choriste à l'Opéra, puis au Théâtre Italien, au Théâtre Lyrique et enfin au Théâtre Feydeau. Il chante également au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles et fut un temps directeur du Théâtre de La Haye.

= = = = = = = = = = = = 

Avant de nous quitter reprenons l'allée centrale où une curiosité nous attend.

 

Sur une tombe dont les noms sont effacés, on peut admirer une terre cuite signée Justin-Chrysostome SANSON.

P1080945

Né à Nemours en 1833, ce sculpteur est élève à l'Ecole des beaux-arts de Paris dans l'atelier de François Jouffroy avant d'obtenir un Grand Prix de Rome en 1861.

P1080946

= = = = = = = = = = = =

 

P1080940

 

- Texte et photos Jean-Michel SAINCIERGE, juillet 2016 -

 

-Tous droits réservés-
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle,
les textes sont protégés par le Droit d'Auteur.

= = = = = = = = = = = =

 

Sources :

Galerie-leserbon.fr Auguste Lebouys

Site Académie nationale de Médecine

Cimetières de France et d'ailleurs, Philippe Landru

César Franck par Maurice Kunel, Grasset 1947

Site de la Ville de Maignelay-Montigny

Blog La Loupe Mémoires de guerre Pierre Brissaud

Guide du Syndicat d'Initiative de Nemours, 1928

Histoire de la neurologie Edouard Brissaud n°114 Janvier 2009 par Jacques Poirier

decitre.fr Un arbre en Afrique

Encyclopaedia Universalis

La Carterie Yvon.net

Site Généanet

Wikipedia

 

Posté par 77000 à 08:32 - Commentaires [1] - Permalien [#]

03 septembre 2017

Sépultures Avonnaises

 

SEPULTURES AVONNAISES

 

Sur la commune d’Avon, on trouve des sépultures en trois lieux : l’église, le couvent des Carmes et le cimetière.

 

A L'EGLISE SAINT-PIERRE

 

1 

2  

L'église Saint-Pierre d'Avon possède une très belle collection de vieilles pierres tombales, parmi elles, trois ont retenu notre attention.

 

Celle d'Edmée-Louis DAUBENTON 

3

Edme-Louis Daubenton est un naturaliste français, né à Montbard le 12 août 1730 et mort à Avon en 1785 où il est enterré, dans l'église Saint-Pierre.

C'est Buffon qui engage le cousin de Louis Jean-Marie Daubenton, Edme-Louis, pour superviser l'édition des Planches enluminées, complément illustré à son Histoire naturelle.

Elles commencent à paraître en 1765 et compteront 1 008 planches, toutes gravées par François-Nicolas Martinet (1731-vers 1790) et peintes à la main. L'éditeur parisien Panckoucke réalise entre 1765 et 1783 une version sans texte. Plus de 80 artistes participent à la réalisation des peintures originelles.

973 planches concernent les oiseaux, les autres illustrent surtout des papillons mais aussi d'autres insectes, des coraux... Les illustrations ne sont pas très réussies mais permettent toutefois une assez bonne détermination des espèces figurées. Certaines d'entre elles sont aujourd'hui éteintes.

Comme Buffon ne suivait pas le système de nomenclature mis au point par Carl von Linné, il faut attendre 1783 pour que Pieter Boddaert (1730-1796) publie une table de correspondance avec leur binôme linéen.

 = = = = = = = = = =

Puis celle d'Etienne BEZOUT

4

Étienne Bézout, né à Nemours le 31 mars 1730 et mort aux Basses-Loges, dans la paroisse d’Avon, le 27 septembre 1783 (à 53 ans), est un mathématicien français. Il est passé à la postérité pour le théorème de Bachet-Bézout en arithmétique, pour le Bézoutien, utilisé en algorithmique, et pour son théorème sur le nombre de points d'intersection de deux courbes algébriques, résultat crucial en géométrie algébrique.

Fils d'un magistrat de Nemours, Pierre Bézout, et de Jeanne-Hélène Filz, il est nommé par Étienne François de Choiseul en 1763 examinateur des gardes de la marine, puis est chargé de la rédaction d'un cours de mathématiques qui conduira au Cours de mathématiques à l'usage des gardes du pavillon et de la marine. À la mort de Charles-Étienne Camus en 1768, il est nommé examinateur des élèves du corps de l'artillerie et rédige le Cours complet de mathématiques à l'usage de la marine et de l'artillerie, qui devient plus tard le livre de référence des candidats au concours d'entrée à l'École polytechnique.

Il est également l'auteur d'une Théorie générale des équations algébriques, publiée en 1779, consacrée à la théorie de l'élimination et aux fonctions symétriques des racines d'une équation algébrique : il utilise les déterminants dans un article de l’Histoire de l'Académie royale, parue en 1764, mais ne traite pas de la théorie générale.

Il est nommé adjoint mécanicien à l'Académie royale des sciences le 18 mars 1758, associé mécanicien-géomètre le 18 juillet 1768, puis pensionnaire mécanicien surnuméraire le 7 décembre 1779, enfin pensionnaire mécanicien le 6 mai 1782. 

6 Statue d'Etienne Bézout à Nemours (oeuvre de Sanson)

La statue d'Etienne Bézout à Nemours sa ville natale (oeuvre de Sanson)

 = = = = = = = = = =

Et enfin celle du marquis de MONALDESCHI

7

8

Le marquis Gian Rinaldo Monaldeschi, fut grand écuyer et amant de la reine Christine de Suède quand celle-ci se fut fixée en Italie après son abdication.

Alors qu'elle séjournait au château de Fontainebleau, l'accusant de trahison, elle le fit assassiner sauvagement dans la galerie des cerfs le 10 novembre 1657.

 = = = = = = = = = =

On peut voir également, juste devant le choeur, une dalle placée sur un caveau dans lequel reposent les curés religieux Trinitaires en charge de la Paroisse jusqu’en 1790.

9

Visite de l'église : https://www.youtube.com/watch?v=DSxXoV1yImw&t=73s

 

 

 

AU COUVENT DES CARMES

 

1

Au fond du parc magnifique du couvent des Carmes se trouve le petit cimetière des moines.

2

Parmi cet alignement de tombes toutes simples, on peut voir celle du Père JACQUES

3

Le Père Jacques de Jésus (Lucien Bunel), né à Barentin (Seine-Maritime) le 29 janvier 1900 et mort à Linz (Autriche) le 2 juin 1945, est un prêtre catholique et religieux Carme.

Fondateur et directeur du petit collège d’Avon, il est arrêté le 15 janvier 1944 par la Gestapo pour avoir caché trois enfants juifs.

C’est son histoire qui inspira le film de Louis Malle « Au revoir les enfants ».

La médaille des Justes lui a été décernée par l’État d’Israël le 9 juin 1985.

Le père Jacques a eu aussi des liens avec la Résistance pour permettre à des hommes refractaires d'échapper au STO.

 

Sur le mur qui longe la rue, on peut voir des souvenirs de ces moments tragiques.

5

6

7

Visite du couvent des Carmes : https://www.youtube.com/watch?v=WM65soD21jA&t=112s

 

 

 

AU CIMETIERE

 

P1130408

Plusieurs personnalités reposent au cimetière.

Dirigeons nous d'abord vers les tombes des musiciens et en particulier celle de la famille DURAND.

1

2

3

 L’organiste Auguste DURAND (1830-1909), étudia avec François Benoist et pratiqua l’orgue à Paris à Saint-Ambroise, puis à Sainte-Geneviève, Saint-Roch et Saint-Vincent de Paul. Parallèlement, il devint critique musical et compositeur (Chaconne, Valse pour piano...).

6 Quelques compositions d'Auguste Durand

Avec Louis Schönewerk, facteur de piano, il fonda la société Durand-Schönewerk & Cie en décembre 1869 et s’établit au 4, place de la Madeleine. La MAISON D'EDITIONS DURAND devient experte dans la publication des œuvres de grands compositeurs français, mais publia également les éditions françaises des oeuvres de Richard Wagner.

4

5

Il achète le Manoir de Bel Ebat à Avon où il recevra (et plus tard son fils Jacques) les grands musiciens de l'époque : Saint-Saëns, Fauré, Debussy, Ravel, Dukas, Schmitt, Massenet, Roussel, Poulenc, Ropartz, Widor...

7 bel-ebat1

8 bel-ébat2

Avec lui repose son fils et successeur à la tête de la maison d'éditions ; Jacques DURAND (1865-1928), qui organisa des concerts pour faire connaître la musique nouvelle et qui collabora activement à la création du Conservatoire Américain de Fontainebleau. Il fut également élu municipal et bienfaiteur de la commune.

 

RO20173476

 

René DOMMANGE (1888-1977) : avocat de formation, député, il devint éditeur de musique dans le sillage de son cousin Jacques Durand. Il dirige la maison d'Editions devenue DURAND & Cie jusqu'à son décès en 1977.

René Dommange repose dans le caveau Durand . Il y fut rejoint en 1979 par son épouse, Lola Dommange, qui légua le vaste domaine du Bel Ebat hérité d’Auguste Durand à la commune d’Avon.

 = = = = = = = = = =

Dans la même allée se trouve la tombe d'un homme qui a beaucoup oeuvré pour la musique :         René NICOLY

2

3

René Eugène Joseph Nicoly, né le 22 septembre 1907 à Avon, mort subitement d'un infarctus le 22 mai 1971 à Paris dans son bureau de l'Opéra de Paris, est le fondateur des Jeunesses Musicales de France (J.M.F).

René Nicoly est d'abord chef du service d'orchestre des Editions Musicales Durand. Il est affecté au début de la guerre à la préparation militaire supérieure des élèves des grandes écoles à Rochefort-en-Yvelines. Pour ces mille jeunes, consignés un dimanche, il fait venir des artistes de Paris, établit un programme qu'il commente lui-même: du Mozart, du Schubert et du Haydn ; succès complet et d'autres séances reçoivent le même accueil. Affecté ensuite au 21e dépôt de cavalerie, toujours pendant la drôle de guerre, René Nicoly tente la même expérience sur des dragons d'origine modeste (avec de nombreux illettrés) même succès, même accueil enthousiaste. C'est de cette double expérience caractéristique que naît l'idée force des Jeunesses Musicales de France: « éveiller la sensibilité musicale des jeunes de toutes conditions pour un mieux-être et un mieux penser », c'est-à-dire une culture qui enrichit l'homme. Dès lors les concerts-conférences des J.M.F. vont avoir lieu en France mais aussi dans le monde entier.

117227722_o

Le 13 mai 1960, René Nicoly est promu officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur par André Malraux, ministre des Affaires culturelles. (Il avait été fait chevalier en 1951)

En 1969 il est nommé directeur administrateur de l'Opéra de Paris.

5 Opéra de Paris

Il est le fils de Victor Nicoly né en 1880, intendant du grand domaine de Bel-Ébat à Avon (propriété des éditeurs Durand) qui repose dans cette tombe depuis 1953.

 = = = = = = = = = =

Voyons maintenant les tombes des artistes-peintres, sculpteurs.

Blanche MORIA

1

2

Blanche Moria (1859-1926) a été élève des sculpteurs Henri Chapu, Antonin Mercié et Jules Chaplain à l'Académie Julian à Paris,. Elle exécute des ronde-bosses et des plaques de bronze. Membre de la Société des artistes français et de la Société des femmes peintres et sculpteurs, elle est professeur d'arts plastiques au lycée Molière à Paris.

La plupart de ses œuvres sont des commandes de l'État.

Elle reçoit divers prix, dont une médaille au Salon des artistes français et des distinctions lors d'expositions universelles.

On peut admirer ses œuvres au Département des Arts graphiques du Musée de Louvre à Paris, au Lycée Molière à Paris, au Musée de Grenoble, à Chambéry, Nantes...

 = = = = = = = = = =

Carlos SCHWABE

1

2

Émile Martin Charles Schwabe dit Carlos Schwabe, est né à Altona près de Hambourg en 1866 et mort à Avon en 1926. Artiste-peintre allemand naturalisé suisse, il s'installe en France à partir de 1884 (Paris, Neuilly, Barbizon) .

Autodidacte doué d’une sensibilité névrotique, il ne connut aucune formation académique à l’exception de l’école des arts industriels de Genève où il apprend à dessiner les plantes. 

Peintre décorateur, il produisit un grand nombre de fleurs stylisées pour des papiers peints.

Son art du dessin et son idéalisme lui valurent de devenir un illustrateur renommé (les Fleurs du Mal, Le Rêve...). La perfection de son graphisme le situe comme un précurseur de l’Art nouveau, et comme un des symbolistes les plus personnels.

Il expose à partir de 1891 au Salon de la Société nationale des beaux-arts, au Salon de la Rose-Croix en 1892 et au Salon d'automne. Il expose également à la Sécession de Munich en 1893 et dans divers Salons en Belgique ainsi qu'à Genève et à Zurich, et chez le marchand Siegfried Bing. On lui décerne une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900 à Paris et il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur en 1901.

On peut admirer certaines de ses œuvres au Musée d'Orsay à Paris, au Musée des Beaux-Arts de Rio de Janeiro, au Van Gogh Museum d'Amsterdam, au Musée d'art et d'histoire de Genève...

 = = = = = = = = = =

Pierre-Adrien ARCHENAULT

1

Le peintre Pierre Adrien ARCHENAULT (1824-1889), dont la tombe est dangeureusement penchée, fut élève d’Abel de Pujol.

Il expose, entre autres, au Salon de 1879 (au Palais des Champs Elysées) un tableau intitulé : « Une distribution de Prix à Avon »

 = = = = = = = = = =

Passons aux personnalités diverses. 

Katherine MANSFIELD

P1120901

P1130427

P1130429

Katherine MANSFIELD (Kathleen Beauchamp : 1888-1923) est une écrivaine et poétesse néo-zélandaise.

Elle passe son enfance en Nouvelle-Zélande, puis part à quatorze ans pour le Queens College de Londres. Très tôt se révèlent ses qualités de musicienne et de nouvelliste, art qu'elle cultivera tout au long de sa courte vie .

Elle puisa son inspiration tout autant de ses expériences familiales que dans ses nombreux voyages et contribua au renouvellement de la nouvelle (The Garden party, At the bay, Miss Brill, The Doll’s House...). Elle tint également toute sa vie un Journal publié après sa mort.

Atteinte de la tuberculose, elle mourut dans l’Institut Gurdjieff au Prieuré d'Avon où elle était allée chercher la guérison.

P1130489

P1130485

 = = = = = = = = = =

Georges GURDJIEFF

1

Georges Gurdjieff, né le 27 décembre 1877 à Alexandroplole (aujourd’hui Gyumri), en Arménie, et mort le 29 octobre 1949 à Neuilly-sur-Seine, est un aventurier russe et une figure de l'ésotérisme de la première moitié du XX° siècle, également compositeur.

Surnommé « le nouveau Pythagore » et considéré par certains comme détenteur d'un savoir traditionnel très ancien, ce personnage controversé est tenu par d'autres comme un dangereux escroc et un charlatan.

Etabli à Saint-Pétersbourg, il quitte la Russie lors de la Révolution de 1917, parcourt l’Europe avant d'installer son institut en 1922 au Prieuré d'Avon (lui réside dans la maison voisine "le Paradou") .

P1130493

P1130480

Pendant dix ans, L'Institut pour le Développement Harmonique de l'Homme, que Gurdjieff créa, fut le théâtre d'une intense activité artistique et intellectuelle. Surnommés, les philosophes de la forêt, les premiers élèves russes de Gurdjieff furent rapidement rejoints par deux vagues d'intellectuels, d'abord des anglais, puis des américains. Citons Katherine Mansfield, A. Richard Orage, Margareth Anderson; Georgette Leblanc et bien d'autres.
C'est également au cours de cette période que commença l'élaboration de son œuvre artistique et littéraire, assurant une large diffusion de ses idées en Europe puis en Amérique où il fit de fréquents voyages.

En 1933, Gudjieff ferma définitivement l'Institut, vendit le Prieuré d'Avon et s'installa à Paris.

= = = = = = = = = =

Caroline DUSSAUT

1

3

Caroline Dussaut est née à Sèvres en 1833 et décédée dans des circonstances tragiques à Avon en 1887, vraisemblablement empoisonnée. Elle dirigeait (avec Marie Souvestre 1835-1905, fille de l'écrivain Emile Souvestre et de Nanine Papot, femme de lettres ) un pensionnat de jeunes filles à Avon : L’école Les Ruches, 22 Avenue Franklin Roosevelt .

5 L’école Les Ruches, 22 Avenue Franklin Roosevelt

L’établissement fondé en 1863, qui reçoit des jeunes filles issues des milieux dirigeants très aisés venues de toute l’Europe, est agrandi en 1880 par l’architecte de renom William Bouwens.

6 l'enseignement aux ruches

Caroline Dussaut fréquentait régulièrement l’historien Jules Michelet et son épouse.

Sur sa tombe son portrait est un bronze réalisé par Aimé Millet (1889)

 = = = = = = = = = =

L'abbé Camille VAYER

1

2

L’abbé Camille VAYER (1881-1944), curé d’Avon de 1921 à 1944, fonda en 1936 les « Cerfs d’Avon », société proposant une préparation militaire et des cours de gymnastique.

Il fut également l’auteur d’une monographie remarquée sur Avon (1934).

4 livre

Il fut assassiné le jour de la libération.

Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, lieutenant du 21ème colonial, il fut auparavant curé de Pontaut-Combault.

= = = = = = = = = =

 

MONUMENTS AUX MORTS ET TOMBES DE SOLDATS

 

 

1

2

3

4

5

6

 = = = = = = = = = =

 

QUELQUES OEUVRES D'ART ET CURIOSITES

 

 

1

2

3

4

5

6

7

8

9

 

= = = = = = = = = = = = = = = = = = = =

 

- Texte et photos Jean-Michel SAINCIERGE, septembre 2017 -

(Les 2 documents concernant Caroline Dussaut et l'abbé Vayer ont été trouvés sur internet)

 

-Tous droits réservés-
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle,
les textes sont protégés par le Droit d'Auteur.

= = = = = = = = = = = = = = = = = = = =

 

Sources :

 

Site de la commune d’Avon

Le manoir de Bel Ebat par Christian Voisin Doury Editions Puits Fleury 2002

Quelques souvenirs d’un éditeur de musique par Jacques Durand Ed. Durand et Cie 1924-1925

Cimetières de France et d’ailleurs landrucimetières.fr

ouestfigureshistoriques.wordpress.com

Le comptoir des presses d’universités

Ste des Archives Départementales

Juste parmi les nations ajpn.org

passerellesdutemps.free.fr

france-pittoresque.com

jmfrance.org

Gallica.bnf

Généanet

Wikipédia

 

Posté par 77000 à 20:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 octobre 2017

Tombes de personnalités au cimetière de Bois-le-Roi

 

 

 

TOMBES DE PERSONNALITES

AU CIMETIERE DE BOIS-LE-ROI

 

P1130772

P1130774

P1130791

Le cimetière de Bois-le-Roi situé non loin de l’église, contient un grand nombre de tombes de personnalités intéressantes.

 

Nous allons commencer notre visite par les tombes d’artistes, qui y sont majoritaires

(une actrice, deux musiciens et cinq peintres) :

 

 Musidora 

P1130802 

P1130801

Née en 1889, Jeanne Roques dite Musidora, commence une carrière de comédienne puis devient danseuse aux Folies Bergères ; elle y rencontre Colette avec qui elle se liera d’une tendre amitié qui durera jusqu’à sa mort en 1957.

Louis Feuillade l’engage pour la Gaumont : ce pionnier du cinéma muet la révèle en 1915 dans « les Vampires » et en fera sa vedette préférée. Elle devint ensuite la deuxième femme française réalisatrice de cinéma et tourna une dizaine de films. Nouvelliste, poète, auteur de chansons, romancière, conférencière… le dessin, la peinture… Musidora avait plus d’une corde à son arc…

affiche musidora

 


 

Olivier Métra

P1130787

P1130785

Fils de l’acteur Jean Baptiste Métra, Olivier Métra monte très tôt sur scène avec son père. En 1842, il fait ses débuts au Théâtre Comte. En outre, il apprend le violon et joue, dès l'âge de 19 ans dans un bal du boulevard Rochechouart. Sur les conseils d'un musicien d'orchestre, il suit les cours d'Antoine Elwart au Conservatoire de Paris, où il obtient un premier prix d’harmonie.

Dès 1855, il dirige l'orchestre du Bal Mabille. Pendant cette période, il acquiert une grande popularité grâce à des valses, comme Le Tour du Monde, la Valse des Roses, Gambrinus, et La Nuit La sérénade. De 1872 à 1877, il dirige notamment les bals de l’Opéra Comique, l'orchestre des Folies Bergères, pour lequel il a composé plusieurs ballets. De 1874 à 1876, c'est au tour des bals du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles et, finalement, ceux de l’Opéra de Paris, aux côtés de Johann Strauss II.

A Bois-le-Roi il fait édifier une villa en bord de Seine qu’il nomme du nom de sa célèbre valse« les roses ».

les roses olivier_metra

 


 

 

Maurice Alexander

P1130825

P1130827

Maurice Alexander, de son vrai nom Louis Tumarel, est un accordéoniste, compositeur et chef d’orchestre, né à Paris en 1900 et mort en 1980. Il grave de nombreux disques 78t et signe de nombreuses compositions. Sa particularité réside dans le fait qu'il n'utilise que deux doigts pour jouer à la main droite. Il est notamment l'accompagnateur de la chanteuse Fréhel.

Pour écouter Maurice Alexander : https://www.youtube.com/watch?v=vMH8FoNxYoI

pochette disque maurice alexander

 


 

 

Georges Moreau de Tour

P1130788

P1130840

Georges Moreau de Tours, est un peintre français né le 4 avril 1848 à Ivry-sur-Seine et mort le 12 janvier 1901 à Bois-le-Roi.

Georges est le fils du psychiatre Jacques-Joseph Moreau dont il réalise le portrait, et le frère du psychiatre Paul Moreau de Tours. Il fait son droit et ce n'est qu'après la guerre de 1870 qu'il décide de se lancer pleinement dans la carrière de peintre.

Il entre en 1865 à l'école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris où il est l'élève d’Alexandre Cabanel. Il est aussi l'élève de Gustave Marquerie. Il est récompensé d’une 2ème médaille au Salon de 1879 et participe à l'exposition universelle de 1889 où il reçoit une Médaille d'argent.

Décoré de la Légion d’honneur en 1892, il épouse Thérèse de Champ Renaud, une de ses élèves.

On peut admirer ses œuvres dans les musées de Nantes, Tours, Evreux, Saintes, Le Mans, Quimper, Laval, Dinan, à l'Ecole Polytechnique de Palaiseau et à la mairie du 2ème arrondissement de Paris.

 


 

 

Charles Castellani

P1130848

P1130849

Charles Castellani-Leonzi, né à Bruxelles le 26 mai 1838 et mort à Bois-le-Roi le 1er décembre 1913, est un peintre et auteur dramatique naturalisé français en 1874.

Il est célèbre pour ses panoramas réalisés dès 1880 dans ses ateliers de Molenbeck (Bruxelles), dont le fameux « Panorama de Waterloo ».En 1889, son « Tout Paris » composé de plus de mille personnalités du monde parisien, réalisé pour l’Exposition universelle à l’Esplanade des Invalides, fut un énorme succès.

En 1896, il part au CONGO avec la mission Marchand, pour le compte de l'Illustration.

Il raconte les étapes, la route des caravanes de Loango à Brazzaville, puis le trajet en vapeur jusqu’à Bangui. Il ne s’entend pas avec Marchand et rapporte assez d'informations pour intéresser ses lecteurs. Il écoute alors les conseils du chef de poste Paul Comte qui  l'engage à retourner en France où il prépare un tableau représentant le départ de Bangui de la mission Marchand en pirogues. Il dessine les portraits de nombreux membres de la mission comme le capitaine Baratier, Marchand lui-même, d’aventuriers comme Fredon, de personnages divers rencontrés pendant les mois passés en Afrique.

 


 

 

Fernand Decoprez

P1130776

P1130777

Fernand Decoprez naît à Rouen en 1860 et meurt en 1906 à Bois-le-Roi.

Il expose régulièrement au Salon d’automne au grand Palais des Champs Elysées à Paris.

Il est également illustrateur de livres : « Côtes bretonnes du Mont St-Michel à Lorient» de Ch-F Aubert (1885) « Excursions normandes, Rouen et ses monuments » de J. Girieud (1899).

 


 

 

Georges Lecaron

P1130833

P1130835

Élève de Jean-Paul Laurens, professeur à l'Académie Julian dans les années 60, Georges Lecaron est cousin de Jacques-Émile Blanche qui l'encourage dans sa vocation dès son jeune âge de quatorze ans. Il apprend son métier dans l'atelier de René-Xavier Prinet. Il choisit d'être figuratif, narratif, paysagiste et portraitiste. Ses dons de coloriste, ses recherches sur la lumière et la couleur font évoluer sa peinture vers une simplification des formes, vers l'essentiel.

Son oeuvre comporte environ cinq cent tableaux, pastels, dessins et aquarelles. Il s'essaye également à la fresque, au vitrail, et réalise de nombreux décors et costumes de théatre et d'opéra.

 


 

 

Une petite colonie de religieuses et religieux peuple ce cimetière, d’abord en un enclos original surmonté d’une Vierge, où une douzaine de noms sont gravés :

P1130803

P1130806

 

puis la tombe d'un chanoine :

 

Albert Beaussant

P1130852

P1130854 

Surtout connu à Veneux-lès-Sabons où il est curé pendant 31 ans (jusqu'à son décès),

on peut retracer ainsi la vie de prêtre d'Albert Beaussant :

- 29 Juin 1899 : ordonné prêtre à Meaux

- 1899-1902 : vicaire à St-André de Chelles

- 1902-1903 : vicaire à St-Ayoul de Provins

- 1903-1920 : curé de Ste-Colombe de Servon

- 1920-1952 : curé de St-Philippe et St-Jacques de Veneux-lès-Sablons.

Il porte le titre honorifique de Chanoine.

chanoine albert beaussant

 


 

 

La partie littéraire est représentée par deux personnalités :

 

Louis Davyl

P1130841

P1130843

Né à Ancenis en 1835, Louis Davyl est d’abord imprimeur à Paris. Ayant racheté l’imprimerie du Sénat et du Corps législatif, il publie nombre d’éditions remarquables par leur perfection typographique et restaure en France l’usage des caractères elzéviriens.

Auteur dramatique, ses pièces sont jouées à la Gaîté, l’Odéon, la Porte St-Martin, il publie aussi plusieurs romans : Les abandonnés, Mon ami l'assassin, La toile d'araignée, 13 rue Magloire...

Il écrit également un opéra-comique « Galante aventure » sur une musique d’Ernest Guiraud (1882).

Il collabore au Figaro sous le pseudonyme de Pierre Quiroul.

livre davyl

 


 

 

Gustave Mathieu

P1130792

Gustave Mathieu est un poète, chansonnier et goguettier français né à Nevers en 1808.

Il quitte la Nièvre pour s'installer à Paris où il fréquente les goguettes.

Au début du Second Empire, il ouvre un cabaret à l'enseigne de Jean Raisin. C’est là qu’on vient écouter ses poèmes et ses chansons satiriques : La Légende du Grand Étang, Jean Raisin, Le Triomphe du vin, Chanteclair, La Chasse du Peuple, Monsieur Capital, Le Retour des hirondelles... Il fonde en 1854 L'Almanach de Jean Raisin, revue joyeuse et vinicole ; puis il publie, de1866 à sa mort, Le simple almanach de Mathieu de la Nièvre. En 1871 il se retire à Bois-le-Roi où il vit ses dernières années.

Gustave Courbet peint son portrait en 1869.

 


 

 

La médecine et les sciences sont également présentes :

 

André Lemaire

P1130816

P1130817

André Lemaire est un docteur en médecine, agrégé de médecine .

- Ancien responsable de service de médecine générale à orientation digestive.

- Ancien secrétaire perpétuel de l'Académie nationale de médecine.

- Ancien doyen de la Faculté de médecine Saint-Antoine .

André Lemaire est l’auteur de près de 400 publications.  Parmi celles-ci, il convient de signaler un ouvrage sur les « stimulines hypophysaires », ainsi que de très nombreux travaux portant principalement sur la pression du liquide céphalorachidien, la circulation sanguine, le traitement des artérites des membres inférieurs, les variations de cholestérol sanguin et la signification pathologique de celui-ci, ainsi que d’autres articles sur la pathologie et la thérapeutique des maladies du foie, des voies biliaires et de l’appareil digestif.

A la demande du Ministère des Affaires étrangères, il réalise de nombreuses missions tant en Afrique qu’en Extrême-Orient. Il est le fondateur des « Journées médicales d’Afrique noire » 

Il est Commandeur de la Légion d’Honneur et Grand Officier de l’Ordre du Mérite.

 


 

 

Raymond Charonnat

P1130818

P1130821

P1130819

Raymond Charonnat (né en 1894) est Professeur de chimie à la Faculté de pharmacie de Paris. Président de la société technique pharmaceutique, Membre de l'Académie de pharmacie (1944) et de médecine (1955). Il décède accidentellement en Grèce en août 1957.

Il laisse de nombreux ouvrages scientifiques.

 


 

 

Paul Langevin

P1130824

P1130823

Paul Langevin, né à Paris 18e le 23 janvier 1872 et mort à Paris 5e le 19 décembre 1946, est un physicien, philosophe de sciences et pédagogue, professeur au Collège de France, connu notamment pour sa théorie du magnétisme, et l'introduction de la théorie de la relativité d’Albert Einstein en France.

En 1905, il fait des expériences sur les ions de l’atmosphère depuis la tour Eiffel et à l’observatoire du Pic du midi. Ami proche de Pierre et Marie Curie, il dirige à partir de 1920 le Journal de Physique et du Radium.

Il est également président du Groupe français d’éducation nouvelle de 1936 à 1946, chargé en 1946 de la réforme de l’enseignement qui est ensuite connue sous le nom de plan Langevin-Wallon.

Ses cendres sont transférées au Panthéon en 1948.

 


 

 

Le monde de l’architecture, de l’armée et de la justice est aussi représenté :

 

Louis Périn

P1130810

P1130809

Louis Périn naît le 18 février 1871 à Paris. Après des études de droit, il s'inscrit à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, et acquiert son diplôme d'architecte le 12 juillet 1900. La même année, il participe à l'exposition universelle où il reçoit un diplôme commémoratif.

En 1902, Louis Périn est nommé officier d'Académie par Georges Leygues, ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts. En 1937, il est nommé au grade de chevalier de la Légion d’Honneur.

Louis Périn exerce l'essentiel de sa carrière dans la capitale. On lui doit de nombreux immeubles des 14e , 5e et 6e arrondissements de Paris, notamment l'immeuble du no 2 de la rue Guynemer dont il occupe pendant plusieurs années le majestueux appartement du 5e étage. Cet immeuble remarquable, de style Louis XIII, est réalisé en 1914.

Il est appelé, d'autre part, à restaurer le Théâtre Français, aujourd'hui la Comédie-Française.

Louis Périn découvre Bois-le-Roi grâce aux Boutillier, ses beaux-parents. Ceux-ci sont propriétaires de la villa Chante-Merle, belle demeure des bords de Seine. Il tombe sous le charme des lieux et y construit plusieurs villas bourgeoises.

 

Façade du 2 rue Guynemer, Paris 6e, Louis Périn, 1914

Façade du 2 rue Guynemer à Paris 6ème, Louis Périn 1914.

 


 

 

Roger Barberot

P1130795

P1130797

Jeune officier de Marine, Roger Barberot décide, en 1940, de rejoindre la France Libre pour combattre aux côtés du Général de Gaulle. La guerre finie, ce capitaine de Frégate sera l’officier de marine français le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale. Doté d’un fort caractère, alors qu’une carrière militaire brillante s’ouvre à lui, il quitte la Marine en 1947 pour devenir militant au RPF. Il est rappelé en Algérie et devient Colonel puis ambassadeur de France. Il fait souvent l’objet des feux de l’actualité car il n’est pas homme à se taire. En 1972, il retrace sa vie militaire dans son livre autobiographique «A bras le Cœur». Il y consacre un chapitre à sa maison de Bois-leRoi, située rue de Tournezy, où avec Monique, sa femme, il y accueille de 1947 à 1953 amis et camarades de guerre .

livre barberot

 


 

 

Jean-Pierre Dintilhac

P1130829

Né le 15 mars 1943 à Paris et entré dans la magistrature en 1973, Jean-Pierre Dintilhac est directeur de cabinet du ministre de la Justice socialiste Henri Nallet (1990-1991) et termine sa carrière en 2008 comme président de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation (2006-2008). Il avait auparavant exercé les fonctions de directeur de l’Administration pénitentiaire (1988-1990), de directeur de la gendarmerie nationale (1991-1993), d’avocat général près la Cour de cassation (1994-1998), de Procureur de la République de Paris (1998-2002).

Il donne son nom à la nomenclature "Dintilhac". Il s’agit d’une classification des préjudices normalisée qui sert à l’évaluation et donc à l’indemnisation des préjudices corporels.

Jean-Pierre Dintihac est officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite.

livre dintilhac

 


 

 

Et comme dans tout cimetière voici quelques œuvres d’art ou originales :

 

1

2

3

4

5

 


 

 

- Texte et photos Jean-Michel SAINCIERGE, novembre 2017 -

(Les photos autres que celles des tombes ont été trouvées sur internet)

 

-Tous droits réservés-
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle,
les textes sont protégés par le Droit d'Auteur.

= = = = = = = = = = = =

 

Sources :

Site de la ville de Bois-le-Roi

Site des cimetières landrucimetieres.fr

Sites commissaires-priseurs ventes tableaux

Site académie Royale de médecine de Belgique

Site Bibliothèque Nationale de France data.bnf.fr

Site BIU Santé Paris

Site académie Julian

Site Archives Départementales 77

Site archive.org

Wikipédia

 

 

Posté par 77000 à 20:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]